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Mardi 22 Décembre
Du bout du monde

"Prendre un sac et partir. Au bout du monde. C'est fuir ? Sûrement. Mais j'en rêve". Voilà ce que j'ai écrit, il y a plusieurs années. Et là, j'y suis au bout du monde. Deux jours d'avions, un bus bondé, des kilomètres de piste, un ciel noir déchiré d'un rayon de soleil. Mon sac me scie les épaules, l'air est étouffant et je respire. "Soyez la bienvenue"

Mon bout du monde. Pour les mois à venir.
Les découvertes et les surprises s'enchaînent. Et tant, tant de choses à apprendre. Se laisser surprendre. Et savourer la nouveauté.

Des gosses magnifiques qui jouent qui dorment qui chantent qui courent partout. Des chemins interminables qui finissent pas déboucher sur des petites maisons. Hors du temps. Des animaux de toute sorte qui surgissent de n'importe où. Le soleil qui me dévore la peau bien trop fragile. Des femmes qui travaillent inlassablement mais ont toujours un sourire si rayonnant. Toutes ces mains dans un seul plat. Les questions qui fusent et je ne comprends pas grand chose. Les simplicité et la joie de vivre à revendre qui donnent une belle leçon de vie. Le chant des mômes à l'école. Le coucher du soleil sur la brousse. Le vent chaud plein la tête. La solitude aussi, de moi face à moi-même après des mois remplis d'agitation.

Oublier les repères. Réapprendre au début. Leur expliquer que oui, chez nous aussi il y a des chèvres, des poules et des moutons, mais pourtant tout est si différent. Surprise des enfants qui s'étonnent de ma couleur de peau. Ici le temps s'est arrêté. J'admire toutes ces bouilles autour de l'unique lampe. J'apprends la nuit, la patience, un peu leur langue et le partage. Je savoure la lumière ocre, l'instant et tout ce qu'ils ont à m'apprendre. Ils ne font que me remercier d'être venue jusqu'à eux, et moi je ne comprends pas. C'est moi qui les remercie de leur accueil. Et du reste surtout.

Griffonné par Nel, à 20:27 dans le Méli-Mélo.
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Mercredi 28 Octobre
Ciao - Amère

Le compte-à-rebours était déjà lancé.

Et une belle gueule d’ange débarque à la maison. Après j’ai pas trop suivi. Juste un quotidien à épingler pour faire de jolies images sur les murs. Jusqu’à cette soirée où mes yeux pouvaient pas se décrocher de lui. Tu fais tellement des sourires. Je suis obligée de faire pareil. Serrer tes mains très fort sur le vélo. Ca nous a pas empêché de tomber un paquet de fois. Et d’atterrir dans le petit escalier qui mène chez toi.

Moi je ne l’oublierai pas.

Quand on s’est revu, tu as tout de suite lancé « tu pars quand exactement ? ». Je sais pas si tu sais l’effort pour te répondre « dans une semaine ». Et encore moins ceux pour le comme-si-de-rien-n’était qui a suivi. Alors que tu continuais tes démos tranquillement, et que tu tenais mon poignet bien plus qu’il ne le fallait. Tu as surtout dis ne te souvenir de rien. Et moi j’avais du mal à te croire mais je n’ai rien dit. Le jour où je dirais ce que je ressens.

Je pars donc. Encore. Toujours.

Un dernier passage. Pour dire au revoir. Les cendres se consumaient et ma tête s’envolait déjà. C’que je suis bien avec vous. Puis le rhum et les gens et la musique et la fête. Cet ancien lui qui me trouve décidemment très jolie. Et les danses et les rencontres et les rires. On se dira juste à demain. Ou alors partez sans rien me dire. Et les cadeaux et les photos et les discussions. Et la belle gueule pas si différente s’en ira coucher avec ma pote. Moi j’ai envie de vomir. Pas d’alcool. Envie de leur cracher la vérité. Envie de tout gâcher. Envie d’absolu.

Le froid de la vitre sur la joue. Le corps en automate. Fermer la valise. Imprimer les billets. A dans longtemps.

Vous pouvez m’expliquer comment on construit une belle histoire ?

Griffonné par Nel, à 19:07 dans le Méli-Mélo.
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Dimanche 20 Septembre
Et craquer l'allumette

Equilibre sur un fil. Bien trop fragile.

Tout était très joli. Un quotidien tout sourire, une nouvelle coloc' formidable, des gens qui te donnent envie d’y croire, envie de donner un grand coup de pied au monde et de tout replacer à sa juste valeur, envie de croire qu’un autre futur est possible, et que si si on y peut quelque chose.

Et moi je crève l’écran. Au boulot. A l’école. Je reçois des compliments qui ne peuvent m’être adressés. Je comprends pas trop et je rougis. J’avais pas forcément réalisé ce que je représentais aux yeux de certains. Et décalage certain. Ils savent rien.

D’un coup j’étouffe. Le fil est rompu je me casse le gueule. Ca faisait un moment tiens. Arrêt sur image. J’entends plus les gens. Je suis loin si loin. Putain m’laissez pas partir. Je me fais mal. Et je tourne en rond sans issue de secours. Elle est où ma place ?

Je suis pas stable. Je souris et arrive même à rayonner. Je m’invente des histoires. Au lieu de les vivre. J’y crois même pas et ça me serre le bide. Il suffit de deux-trois mots mal alignés. Pour déglinguer toute la machine. J’ai tourné la tête très très vite en sentant les larmes débouler. Inspirer un grand coup. Faire le vide. Ne pas penser. C’est ça, faire le vide. Disparaître les souvenirs couleur sombre. Qui s’invitent quand on ne leur a rien demandé.

C’est peut-être le fait de me heurter à eux. Ils doivent correspondre à une sorte d’idéal. Et me renvoient surtout à moi-même. Et à ce que je n'ai pas réussi. 

Griffonné par Nel, à 00:39 dans le Méli-Mélo.
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Dimanche 23 Août
Dans tous les cas

Partir. Et laisser derrière, ces déjà habitudes. Ces sourires et ces regards maintenant familiers. Ce quotidien bien trop joli qui ne pouvait durer. Atterrissage en douceur et prolonger encore les surprises. Quelques semaines pour se reconnecter à la réalité. Ou continuer à rêver.

On s’est revu et j’ose espérer sur ce sera le point final. Ce n’était plus tout à fait la même attention envers moi. Et il va falloir vivre pour de vrai maintenant. J’ai presque étouffé l’espoir. Ou alors c’est toi.

Parcourir la France pour les revoir presque tous. Avant de plier bagage de nouveau. Pour plus loin. Pour plus longtemps. Pour plus dur aussi. Le paysage défile et c’est l’heure où on peut regarder le soleil dans les yeux. J’ai eu pleins de jolies retrouvailles. [Sauf celle que j’espérais si fort, mais on n'a qu'à dire que c’est mieux comme ça]. Les projets entre-temps se dessinent aussi. Et font drôlement plaisir. Je me sentirais presque libre par instants. Et quand je raconte, ces mois passés et ceux à venir. J’allume souvent des pépites dans les yeux. Ils en rêvent un peu, ou restent admiratifs. Je prends conscience, de ma chance, de ces belles opportunités et de ces amitiés qui tiennent la route avec le temps. Avec les absences et les aléas. Je suis déconnectée toujours, mais je crois que j’aime bien comme ça.

Il faudrait juste que je recolle des petits morceaux. Quelques rafistolages et je serais prête. Prête à affronter le bonheur ? On peut déjà essayer maintenant. Quand il veut, je l’attends.

Griffonné par Nel, à 01:44 dans le Méli-Mélo.
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Mercredi 22 Juillet
Demain c'est des années plus loin

Je suivais le tracé des gouttes sur la vitre. Elles coulaient en zig-zag en se rejoignant parfois. Un peu comme nous. Il me jetait des coups d’œil en douce dans le rétro. C’était un peu le début. De l’aventure et d’un tas de rencontres. Des gens tellement gentils, que j’avais oublié que c’était possible.

Je me disais que c’était une belle expérience tout ça. Ces petits bouts d’chemins avec ces gens d’un peu partout. Ces moments suspendus, hors du temps, où tout le monde semble être heureux d’être là. « T’as du feu ? » Et faire frémir la cendre. Les yeux qui pétillent. Les bouteilles qu’on vide sans compter les cadavres. Courir les rues, la nuit. Raconter les malentendus, cause de la langue. Récupérer des vieux vêtements et parler aux passants. Danser et oublier. Les loupés et les « si seulement ». J’ai embrassé bien trop de garçons et je crois qu’aucun ne me plaisait. Je voudrais tellement me détacher des souvenirs. Dans le métro, comme ça, elle m’a dit ce qu’elle pensait de moi. Vraiment. J’étais gênée tellement. C’était un peu quelqu’un d’autre. Prendre conscience et prendre confiance. Si je plais à tous ces inconnus, je pourrais pas te plaire à toi aussi ? Je sais et si on se plait on pourrait se le dire nan ? J’ai peur d’avoir des nouvelles de toi.

Quand l’alcool distille dans mes veines, je me sens tellement libre. Banal. Je n’ai presque plus peur et j’apprivoise ce corps qui est le mien. Y’a cet inconnu qui a pris des photos de nous devant l’entrée du métro, à la lumière des réverbères. Je nous trouve très beaux à errer vers nulle part. On dirait un film. Et ce prof. J’ai compris à la manière dont il m’a serré la main que moi aussi je lui avais plu … « merci monsieur, au revoir ». J’ai refermé la porte le cœur un peu gros. Vacances.

Je réalise qu’il est vraiment joli mon quotidien. Que j’ai réussi à construire de très très beaux souvenirs ici. Et des éclats de rire. Je respire ces derniers instants. Très forts. Je les ralentis du mieux que je peux. Je voudrais vous serrez fort aussi. Mais encore un truc que je ne sais pas. Ils étaient riches ces moments avec vous. Belle parenthèse. Gros morceau de jeunesse. C’est la fin de la pellicule.

Griffonné par Nel, à 16:20 dans le Méli-Mélo.
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Jeudi 04 Juin
Je voudrais vous raconter

Je voudrais vous raconter. Quand ça brûle un peu la gorge et que la chaleur monte. Quand ton corps n’existe plus vraiment. Il se balance, se déhanche et se déchaîne. Et le sourire se dépose tout seul sur les lèvres et s’y accroche un bon moment. Ses yeux brillaient et il riait en me regardant.

Je raconterais bien ces retours au petit matin. Ces gens dans leur bulle croisés dans le métro qu’on regarde à la dérobée. Le soleil qui pointe son nez et moi qui me glisse sous les draps. Encore une nuit éveillée. Tous ces pavés arpentés, ces rendez-vous éternellement en retard. On va où ? Inspirer un grand coup. Laisser entrer la nuit.

Je vous dirais bien les « cours de français » et les grands éclats de rire. « Nan, là c’est encore une exception ». L’odeur du pain grillé et le quotidien de la coloc. Le temps qui passe vite, si vite. Mais peut-être pour la première fois, la sensation de pouvoir le saisir. Le sentir gigoter, se débattre. Le caresser une dernière fois et le laisser s’enfuir jusqu’à la prochaine.

Je vous raconterais bien les courses-poursuites, les cocktails et les hamacs au bord de l’eau. Les gens rencontrés on n'sait plus trop comment et les joints partagés, les allusions et les questions qui reviennent. Les messages retrouvés par hasard et qui font drôlement plaisir. L’instant surtout.

J’aimerais bien vous raconter ces instants qui pétillent, ces instants à collectionner.

Mais il veut venir me voir. Je ne sais pas quoi penser. Depuis que j’ai vu le titre d’une certaine chanson, je ne peux pas m’empêcher. Oui, je suis stupide. Depuis là-bas. Là-bas loin d’où j’ai fuis je suis partie. Ca dépendra de pleins de choses. Mais il veut venir me voir. C’est pour se louper encore une fois ? C’est pour continuer à se voir une fois tous les trois mois ? Si tu n’es plus seul ne viens pas. Si tu n’es pas décidé ne viens pas. Si c’est pour suivre tes potes ne viens pas. Si c’est pour continuer à me ronger le cœur de remords, de regrets, de manqués surtout, ne viens pas. Ne viens pas, ne viens pas. Ne viens pas. Sauf si.

(Si tu savais comme j'ai envie de te voir)

Griffonné par Nel, à 17:43 dans le Méli-Mélo.
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Samedi 16 Mai
Même si t'es fatiguée, lève, lève tes yeux de sur tes pieds

Je pensais ne presque pas avoir d’attaches. Je pensais pouvoir partir, tout quitter. Et oublier. Recommencer peut-être. Changer de décors. Et m’éloigner encore. De lui et de cette ville trop pleine de souvenirs. Mais le « presque » il a un peu trop de poids dans cette histoire. Parce que une fois loin. Une nouvelle langue, des nouveaux gens, une nouvelle ville. Tout. De nouveau. Naïve. Et ben quand je cesse de m’agiter et de m’étourdir. Je me raccroche. A ce « presque ». A ces gens qui me manquent. Vas y dis-le.

Mon nouveau coloc’ me racontait qu’il allait couci-couça, parce que finalement, c’était peut-être pas une si bonne idée d’avoir quitté sa ville pour ici, parce que sa copine, ses potes … etc. Je répondais oui-oui sans réfléchir. Je voulais surtout qu’il arrête de mettre des mots sur ce que j’avais dans la tête. J’ai recommencé à mal dormir. Et à avoir envie de m’anesthésier la pensée. Il faut que je trouve le courage de tout reconstruire ici. Je pensais que ce serait plus facile d’oublier, de tourner la page.

Il a suffit d’un SMS, d’un ridicule petit SMS. Qui signifiait qu’il pensait encore à moi et qu’il avait envie de me voir. Pour le reste je ne sais pas. Mais ça a suffit à me refaire le défilé des souvenirs. A avoir mal au ventre. Envie de pleurer et envie de rire. Je fais quoi ? Je prends l’avion ? On est condamnés à se louper éternellement ?

Hey, quelqu’un ? Prends ma main. Emmène-moi. Raconte-moi ce que tu veux. Je veux du différent. Radicalement. Je veux plus rechercher le même - inconsciemment - toi par petits morceaux. Ca ne devient plus possible là. Je m’étouffe toute seule, ou presque. Fais-moi rêver. Change le film qui tourne en boucle dans ma tête. Ou à défaut. Fais diversion quelques instants.

Griffonné par Nel, à 18:18 dans le Méli-Mélo.
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Samedi 11 Avril
Vivante

On était dos à dos. Tu discutais avec des gens et moi avec d’autres. Tu as mis tes mains dans ton dos. Je sais pas trop comment je l’ai su. Mais j’ai fait tout pareil. Tu as mis tes mains dans ton dos et tu as attrapé ma main. Juste glisser ton pouce dans mon poing. Juste tes doigts entre les miens. Juste une invitation.

On ne se connaissait pas quelques heures plus tôt. On s’est retrouvé face à face et je t’ai trouvé beau. L’alcool distillait dans mes veines et je devais balancer des sourires à tout va. Je sais plus ce que tu me disais. Tu voulais voir mes yeux et tu as piqué mes lunettes. Tu m’as trouvée bien trop jolie. Ca c’est ton pote qui me l’a dit. Toi t’avais l’air aussi réservé que moi.

On a beaucoup dansé. Tu prenais tellement soin de moi. Y’avait les lumières qui jonglaient, tes mains autour de mes poignets, ta bouche sur ma nuque et des sourires qui crépitaient. Vivante. Vivante. Tellement vivante.

On se connait depuis longtemps non ? T’étais tout pile comme j’avais envie. Ca fait des mois que j’essaie d’aller mieux. Il suffisait que tu me regardes. Ma bouche sur ton dos brulant. Tes bras autour de moi et tes mots à l’oreille. Tout parait si simple. Chhhut.

Au petit matin : « A bientôt. On se revoit bientôt hein ? ». J’ai pas réussi à te regarder quand tu as dit ça. J’avais un énorme nœud dans la gorge. La vie se fout de ma gueule.

Je prends juste l’avion dans deux jours. Putain de vie.

Griffonné par Nel, à 00:37 dans le Méli-Mélo.
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Lundi 06 Avril
Des jolies choses

Non. La réponse est non. Je n’oublierai pas les autres.

Il était là, à me raconter des jolies choses, à essayer de me raccrocher à la terre un peu. A me dire que c’était pas seulement l’alcool, ça faisait des mois qu’il avait envie de m’embrasser. Je me suis laissée faire. J’aurai aimé te prévenir, t’expliquer. J’ai regardé mes pieds. Je devais beaucoup te plaire. Moi j’avais pas les papillons.

Je m’en vais. Tu le sais et tu as peur. Je m’en vais et j’ai peur aussi.

Pourtant le temps s’est arrêté en amphi. Le soleil n’arrive pas à percer les gros rideaux. Je dévisage ces gens que je n’ai pas pris la peine de connaître. Je dois passer pour une sauvage. Je pense à ces « toi » et à ma solitude. Je pense à tes mains qui ne me réchauffent pas. Je suis obligée de fermer les yeux. Et je ne vois pas vraiment ton visage. Je me suis blottie dans tes bras et je crois que j’ai ébréché ton petit cœur. Pardonne-moi.

Ca sonnait bizarre et les gens nous trouvaient beaux. T’as fait le fier alors que quelques jours auparavant. T’as fait le fier et tant pis pour moi. Je ne sais pas ce que tu as lu dans mes yeux. Mais pas ma détresse. Tu attendais beaucoup trop de moi.

On a enflammé hier soir. Les massues volaient et j’avais du mal à être naturelle. Peut-être était-ce un faux départ ? Y’avait du monde qui criait ton nom. Moi j’entendais plus les percus. J’entendais le vrombissement dans ma tête, que j’aurais tant voulu faire taire. Le bruit des flammes, mes mains noircies, les oreilles gelées par le vent. Ton visage orangé dans la nuit. Ne me sourit pas. Ca pourrait pas être simple pour une fois ?

Griffonné par Nel, à 23:47 dans le Méli-Mélo.
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Mardi 17 Mars
L’empreinte des gouttes de pluie

Il neige. Je rêve un peu. Que l’on se croise à la gare tout à l’heure. Peut être même que je rate ma correspondance. Je serai obligée de t’appeler. Avec une excuse en béton. Dis, je peux venir chez toi ? Retrouver ce désordre que j’aime tant. Les dessins sur le miroir, le porte manteau qui croule, les restes de pates et les cadavres sur la table, le plancher qui grince, le cendrier qui déborde, les chaises toutes branlantes, les posters en bataille, les petites annonces, le panneau Attention Danger … Tiens, j’aurais du me méfier ! Mine de rien, je connais ici presque depuis ses débuts. Je suis venue avant de te connaitre. Je te croisais avant de te regarder. C’est dur la distance. Et ça laisse espérer. J’aimerai te voir avant de partir. Qu’on dise tous les mots. Je m’en irai avec des regrets mais ce sera clair. Tu t’en voudras surement, mais c’est déjà le cas.

J’ai relu mon « carnet secret ». Ce cadeau de petite fille dans lequel j’écris parfois. Mauvaise idée. Le ventre en vrac et les souvenirs qui jaillissent. Et toujours le même prénom qui revient en pointillés. Je crois que nos routes s’éloignent. Et d’un coup. Nous revoilà. Rien n’a changé. A quand ?

Faire le tri. Ou laisser faire. Illusionner que tout sera nouveau. Moi la première.

En attendant. Si je terminais la côte en courant avant de faire une crise, il allait m’embrasser dans la semaine. L’asthme est arrivé après la côte, il m’embrassera dans la semaine. Je le sais. Aucun des précédents, mais peut être si je me laisse aller un peu. Il a l’air de bien m’aimer. J’oublierai les autres dis ?

Griffonné par Nel, à 21:04 dans le Méli-Mélo.
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